lundi 18 octobre 2010

A quoi sert la philosophie?

Aux origines de la philosophie, de grands noms reviennent incessamment, tels ceux de Socrate ou Platon, Nietzsche ou Freud, ces humains à la capacité de réflexion quasiment divine, de par le fleurissement de celle-ci par les nombreuses heures passées devant des objets inertes aux yeux du "tout le monde", prenant leur valeur et leur réel sens dans les yeux de ses hommes, conscients de leurs potentiels et de leurs limites. On a appelé cet épanouissement la philosophie, autrement dit, "l'amour de la sagesse", sagesse vulgarisée au fait de savoir regarder et apprécier la nature et la Vie. Ainsi donc, philosopher serait simplement une question de développement de la perception? Et à quoi cela servirait-il : au niveau de l'individu? A l'échelle de la société? Y aurait-il une fixation permettant la transcendance de cette pratique au fil des générations? Quelque chose auquel s'y reléguer quand, à l'aube de notre génération, l'utilisation des cinq sens se sent mise de côté pour faire profiter pleinement d'autres aspects de notre personnalité? Alors donc, nous essaierons de comprendre à quoi sert cette philosophie. 


Un aspect primordial, à ne pas laisser de côté, est le plaisir qu'apporte quotidiennement cet émerveillement face aux choses les plus simples que la vie sait nous offrir. Analyser et comprendre, ou analyser et se poser des questions pour essayer de comprendre est sensiblement la même chose. Nous n'avons jamais réellement comprit, puisque la vérité que nous croyons détenir peut potentiellement être remise en cause par une autre, argumentée de la même façon, avec une importance équivoque ou autre. Mais peu importe, tant que notre Nous ou notre Moi intérieur se sent/sentent ravi(s) par l'accès à la destruction d'élucubrations, la philosophie "remède" a su agir pleinement.
Nous pouvons pousser la chose encore plus loin, en se disant comblé d'amour, réalisant une sorte d'acte -à l'instar de celui pré-initialement compréhensible entre deux êtres, de même race (celle des humains par exemple)- cet acte qui saurait être purement spirituel -à l'inverse de celui qui lui ressemble, faisant se mélanger l'esprit et le corps-, lors de phases longues ou non, où d'intenses réactions sont ressenties pour de mineurs bouleversements, réactions qui sauraient devenir, par une petite danse de l'esprit, mine d'inspiration au talent artistique. Le fait alors, de croire possible une telle copulation, entre une pensée devenant aliénante et quelque chose de gisant en nous, mais indétectable au naturel, serait donc de croire possible la nouvelle matérialisation d'un courant de pensée autre, et plus évolué, tourné sur le plaisir de réfléchir et de trouver des réponses à des questions, apparemment trop alambiquées, de par leur adjectif qualificatif les suivant : métaphysiques.
Alors en définitive on pourrait être amené à penser qu'il s'agit de passivité lâche, où cet acte serait seulement un travail d'observation. Mais pas du tout. L'effort qu'il demande peut parfois aller au delà d'un effort athlétique de haut niveau, rien que par l'utilisation des cinq sens, qui, directement reliés à notre cerveau, activent et désactivent des informations nerveuses, provoquant alternativement et sinueusement, des montées ou des descentes de sueur, nous faisant pâlir devant la découverte de ce qu'est la réalité véritable, pouvant même aller jusqu'à l'état de semi-conscience, où nos mouvements et nos pensées ne nous appartiennent plus qu'à moitié. Cette phase qui réveillerait alors un état d'inspiration inopiné, tombant souvent à point nommé dans une vie pas toujours facile, où les réponses à des questions nous habitant, deviendraient soudain balayées de la poussière qui les recouvraient, comme si celles-ci avaient toujours été à notre portée, mais entreposées dans un grenier, celui de l'esprit.
Et donc, se libérer de ces pensées qui au début, viennent par elles-mêmes, où intervient notre non-conscience lors de cette investigation spirituelle, est une première approche de ce qu'est l'intérêt de philosopher. Ces questions habitant l'être ne trouvent pas de réponses, ou très rarement. Les philosophes souhaitent simplement se rapprocher ou atteindre, dans un cas conçu tel quel, une réponse potentiellement acceptable, bien que remise en question quotidiennement par les aléas de la vie. Ces réponses sont souvent accompagnées d'inepties, symboles des microbes foisonnant dans notre esprit. Des parasites s'accrochant au roc pur de la réflexion. Des allées et venues sur la réponse sont donc ressenties lors de la rédaction de celle-ci. Il devient alors crucial de reprendre bout par bout les idées du "texte" ou de n'importe quel autre support comportant l'ébauche de la réponse. Pourtant, a contrario de l'écrivain ou du journaliste, dont tous les détails importent, le philosophe laisse place à tous ces résidus spirituels dans ces textes, qu'il considère comme incompréhensibles lors de sa relecture, ou aux yeux de ses lecteurs,mais qui sont eux-mêmes des raccourcis de pensée vers d'autres idées, non-développées dans le texte par soucis de concordance avec un sujet qui est lui, décidé par la main directrice de pensée, du penseur qui écrit. La philosophie peut servir aux autres, a la société également mais, quand on se contente d'entendre, de voir, de toucher, sentir sans insistance ou d'avaler indignement une nourriture qui mériterait intérêt, on ne peut comprendre la philosophie. Il faut écouter, regarder, caresser, exhaler correctement et malaxer toute la nourriture nous passant dans la bouche. Il n'est plus question de cela de nos jours, où la paresse et la vitesse priment sur la pensée et le ressourcement. La philosophie pourrait alors servir a la société si celle-ci était capable de l'accepter, ou même pire, de la comprendre. Or, elle en est toute incapable et pense même qu'elle est folie, ou permettant la création d'hérétiques modérés de la pensée.


Car comme nous le fait comprendre Platon dans son Allégorie de la Caverne, la Vérité, confrontée à l'homme qui est libéré, se trouve alors emprisonnée par celui-ci, il ne veut plus être confronté à aucunes autres réalités que celle qui est véritable. On pourrait alors, grâce à un esprit hautement placé, reléguer au rang "d'idioties" tout ce que nous avons apprit, afin de, grâce à la Nature comprendre de façon parfaite la Vie. 
Et c'est donc qu'arrive ce deuxième aspect, cet intérêt. Il n'est plus de se vider la tête de questions métaphysiques incompréhensibles à la lecture et surtout, inexprimables sous la forme de mots, d'où l'intérêt de la gestuelle du philosophe. L'intérêt donc, serait d'enclencher une routine interne de questionnement, en vue d'obtenir un savoir inhumain, non pas de par sa complexité mais de par le ravissement qu'il apporte et l'enchantement que l'on peut alors distinguer -habillé de lentilles magiques, n'étant seulement que des sortes d'interprétations de l'esprit- sur les objets banals du quotidien, devenant alors d'énormes sources d'inspirations et de questionnement. 
Ainsi, une chaîne se formerait, où la folie serait peut-être inévitable, mais quelle folie que celle de savoir. Ce sont toujours les "fous"-autrement dit, personnes simplement considérés comme tel en vertu d'une société primitive arriérée pour leur esprit- qui ont réussit à faire avancer la société. Je parlerais dans le cas de la chaîne comme une folie peu constructive, une éternelle faim de savoir, un inassouvissement perpétué à cause de la non-satisfaction de soi-même face à des situations pourtant normales, ou considérées en tant que tel. La philosophie sert dans ce cas là, de maladie présupposée, inexplicable et provoquant folie dans les yeux des autres, ou plutôt, une sorte d'étrangeté bizarre, bizarrerie étrange. 
C'est alors que l'on constate une considération progressive pour des hommes, qui ont marqué leur temps grâce à leur savoir et à leur remise en cause des sociétés dans lesquelles ils vivaient, qui étaient stigmatisés et dont on riait ou qu'on étouffait d'injures ou de reproches de par la dite folie dont j'ai parlé auparavant et qui de nos jours, sont dénommés les plus grands philosophes de l'humanité, précurseurs de la pensée philosophique et vecteurs de sa propagation.


Pour toucher un mot sur l'intérêt pratique que pourrait hypothétiquement constituer la philosophie pour la société, en sortant du cadre introspectif du philosophe, tout pourrait se résumer au mot : incompréhension. La nouvelle société, celle de ces temps nouveaux, ne peut pas comprendre l'intérêt réel de ce qui s'appelle philosopher. Il serait alors inexistant pour celle-ci. Il l'est, en partie. Certains grands penseurs ont prit pour postulat de réflexion, d'anciennes théories qu'ils ont unies, ramifiées ou réfutées afin d'en faire ressortir un jour nouveau, une ébauche de réflexion autre. Ainsi on voit apparaître des démonstrations de contestations vis-à-vis de tels ou tels axiomes, tels ou tels aphorismes ou adages, que l'on considérait comme inclus dans la tradition et la culture, que l'on employait à tort et souvent à travers, dans bon nombre de situations non-semblables. L'un des plus grands ré-examinateurs de philosophies est incontestablement Descartes, qui sous la conscience de s'être fait abusé mentalement de ses maîtres, a fait table-rase de son enseignement et a évincé toutes les pré-notions qui guidaient sa routine et donc ses pas. Un autre, qui a su faire bon usage de l'enseignement délivré par des livres, est Hitler, qui parlait de faire oublier le mot de "conscience" au peuple allemand. 
On pourrait aussi revenir sur ce que j'ai précisé auparavant, sur le fait, qu'à condition d'une bonne utilisation de la perception, quiconque peut devenir philosophe. Or, même en accord avec cette théorie, il s'avère impossible pour l'ensemble de l'espèce humaine à pouvoir créer et comprendre la philosophie, et même s'en servir. Cela reviendrait à dire sinon que la philosophie n'existe pas, que le mérite de la contrôler est fade -si on peut parler de contrôle, ou rétro-contrôle- et que de toutes manières, elle n'aurait aucunes portée de délivrance ou de révolution. Puisque l'intérêt de la philosophie, est aussi de remuer les moeurs en place qui ne sont pas en accord avec les valeurs universelles telles que la Liberté ou l'Egalité. Tout comme Socrate, mort suite à une condamnation, puisqu'il remettait en cause, rien que par le pouvoir de sa verve, l'intégralité du système politique, social et militaire. 


En définitive, l'accès aux connaissances ou plutôt la remémoration de celles-ci- par le biais d'efforts et d'entraînement, face à des situations et des circonstances plaisantes à ce travail- distingue l'art de philosopher -dans ce monde, où, je l'ai déjà dit, les gens sont pressés et pudiques d'eux même -de par le fait qu'ils ne savent plus qui ils sont, où qu'ils ont conscience de le savoir, grâce à tous ces rites et ces instances où la bonne conscience pourrait se vendre tellement elle est requise par toutes ces personnes et où elle est crée à partir de rien, formée à partir d'idéaux complexes par d'autres animaux intelligents qui savent ce qu'il faut faire pour fabriquer des pantins- de celui d'être un homme.

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