vendredi 12 avril 2013

Un petit peu d'histoire


Francois Quesnay l'économiste philosophe

C’est l’avènement de la philosophie du «Laissez faire, Laissez passer!» (J. de Gournay) et du courant des « Physiocrates » dont le fondateur est François Quesnay (1694-1774), premier médecin du roi Louis XVI. L’idée des physiocrates est que la seule richesse est agricole : la richesse d’une nation se mesure à l’aune de ce que la terre produit chaque année. Le principe est le suivant : chaque année, on utilise une certaine quantité « d’avances primitives » (semailles, travail des agriculteurs, ...) et la terre produit plus que ce qui a été « avancé ». La différence (ou produit net) est ce que Quesnay appelle le « Don gratuit » de la terre (il voit la main de Dieu dans ce don gratuit...). Quesnay est le premier à raisonner sur le problème de l’accroissement des richesses ou « Croissance ». 


"Recherche sur la nature et les causes de la Richesse des Nations" expliqué

En 1776, Adam Smith publie « Recherche sur la nature et les causes de la Richesse des Nations ». Il est ainsi le « fondateur » d’un nouveau courant de pensée, le courant Classique. Il est le premier théoricien du marché, régulé par une « main invisible », comprend la nécessité de la division des tâches pour accroître la productivité et donne les premiers arguments analytiques justifiant le libre-échange (loi des avantages absolus). Les Classiques sont des théoriciens de l’Offre au sens où ce qui détermine la croissance d’une économie est le comportement d’Epargne, c’est à dire le comportement d’accumulation de la classe dominante. Les Classiques, comme avant eux les Physiocrates, raisonnent sur des « classes » et non sur les individus. 

lundi 22 octobre 2012

The "whole" world is watching (while the rest is bleating)



S'interroger profondément sur la nature des relations humaines au XXIème siècle est une tâche ardue, influencée par bien des instances de socialisation. Les rapports qu'ont les humains entre eux tendent à s'effriter. 
D'une société à dominance agricole, où la majorité des gens passait son temps à cultiver sa propre subsistance, nous sommes passés à une économie de services. Disposer d'un travail est une fierté sociale dans un monde où les gains de productivité imputables aux nouvelles technologies font qu'il y a de moins en moins de travail industriel et que notre économie s'est quasiment entièrement tertiarisée. Quid des relations sociales? Les gens n'ont plus cette fougasse envie de découvrir l'autre, de s'intéresser, comme on peut parfois le voir chez différents étudiants étrangers, à ce qu'est réellement l'autre. Les relations sont éphémères, étouffées dans l'oeuf grâce à Internet et c'est désormais l'envie d'écraser autrui qui est le moteur des relations humaines. Le virtuel prend le pas sur le réel, tandis que le monde s'engouffre dans un puits sans fond, où il aura à traiter des problèmes d'ordre vital, comme le non-renouvellement des terres arables dû aux semences chimiques fournies par Monsanto, la fin du pétrole, imminente, qui va faire sombrer notre économie plus que dépendante dans une crise d'ajustement qui va s'avérer être très douloureuse pour les moins débrouillards d'entre nous. La masse continue de bêler tant elle aime la merde qu'on lui donne chaque jour à la télé. L'instruction et la culture se perdent parmi les programmes de télé-réalité  nuisant énormément à l'esprit civique de la nation qui ne rend pas compte que les multinationales ont déjà plus de pouvoir que les empereurs d'antan. Ces multinationales, ancrées dans leur vision égoïste du profit vont devoir se réinventer pour pallier au manque de ressources qui s'avère être imminent. L'opinion ne les accusera jamais tant elles possèdent la majorité des moyens d'information suivis par la plèbe, inconsciente des enjeux qui se jouent en ce moment. 
L'histoire n'est pas finie, notre monde a toujours du se battre pour revendiquer ses droits, que ça soit à propos de la chrétienté au temps des romains, des esclaves noirs pendant l'ère du commerce triangulaire ou du droit des femmes. Toutes ces évolutions sociales se sont accompagnées de mouvements considérables, dépassant l'entendement. De nos jours, où les pouvoirs ne cessent de se concentrer dans un nombre de mains toujours plein restreint, le monde dort paisiblement. 
Le monde s'étonne de mourir d'un cancer à l'âge de 50 ans, s'étonne du ballet des politiques et ne se pose aucune question. La faim dans le monde est devenu une fatalité et l'expression du petit africain souffrant de la famine est bien ancrée dans nos inconscients collectifs. Alors qu'il ne s'agit en aucune façon d'une fatalité. Les gouvernements africains sont corrompus aux mains de multinationales puissantes qui 
souhaitent exploiter les ressources incommensurables de ce continent qui pourrait être riche s'il s'unifiait. Les cancers vers l'âge de 50 ans n'ont rien d'une fatalité non plus. Ce sont plus de 100000 additifs chimiques qui sont ajoutés dans tous nos produits de consommation quotidiens. Ces produits étant bien sûr cancérigènes, d'ailleurs seulement 5% d'entre eux ont été testés dans des conditions scientifiquement correctes. Le temps où tout le monde cultivait son jardin en pensant aux générations futures est une ère bien lointaine voire inconnue dans l'esprit des gens. Désormais, la vitesse et le plaisir immédiat ont remplacé la joie d'un apprentissage lent et profond. Tout n'est réalisé qu'en partie, superficiellement. On s'arrête à la forme des choses, d'où le déclin du niveau du débat politique et d'où l'augmentation de la vente de produits inutiles à notre condition humaine. De jolies femmes blanches perdent leur temps dans des salons d'UV pour être bronzée toute l'année tandis que des françaises noires bien intégrées cherchent à se blanchir la peau au moyen d'additifs chimiques puissants. Est-ce la mondialisation qui impose cette uniformisation? 

lundi 1 octobre 2012

J'ai un problème avec le spirituel.
C'est toujours quand j'ai le sentiment d'en avoir le plus besoin qu'il vient à me manquer, qu'il vient à s'effacer comme une pincée de sel se dissout dans de l'eau bouillante. Dans ces moments de solitude extrême où le travail n'a plus ce rôle de procrastination vis-à-vis de l'exercice spirituel, où l'herbe ne suffit plus à faire taire ces démons intérieurs qui demandent toujours plus d'intérêt et de regards tournés vers eux. J'ai la triste impression, quand mon essence est aussi peu sollicitée que ça, de n'être au final qu'un bon à rien jaloux de la réussite des autres. Mais à peine attisée, à peine convoitée ou recherchée, je sens ces relents d'âme qui me tourmentent, jouant à cache-cache dans les couloirs étroits de mon esprit. Impossible à matérialiser, ils se fondent dans les parois tels des caméléons et me rendent frêle, chatouillent le génotype pour faire trembler le phénotype alors que de profondes voix s'élèvent pour réclamer une trêve. C'est comme si la profonde réflexion pouvait stopper ces vagues impressions de déjà-vu, de monotonie, d'aliénante crasse mentale.
Attirée par la lumière, nourrie par l'ouverture sur le monde et rendue vivante par la méditation, l'esprit rencontre enfin cette plénitude tant attendue et tellement espérée qu'il en vient à ne plus surchauffer du tout. Tout s'arrête et les choses redeviennent lentes. Les gens qui passent, assimilés à la couleur noire des songes et aux teintes feutrées des ombres de l'hiver voient soudainement leurs visages s'éclaircir aussitôt que nos yeux se posent sur eux. Scrutant le moindre détail avec une vitesse et une précision d'analyse hors-normes, cet état d'extase mentale ne laisse jamais indifférent.

mardi 6 mars 2012

4. Pensée et amour

La pensée, avec tout ce qu'elle contient d'émotion et de sensation, n'est pas l'amour. La pensée est invariablement la négation de l'amour. La pensée se fonde sur la mémoire, et l'amour n'est pas la mémoire. Lorsque vous pensez à une personne aimée, cette pensée n'est pas l'amour. Vous pouvez vous rappeler les habitudes d'un ami, ses gestes, ses particularités et penser aux incidents agréables ou déplaisants de vos relations avec cette personne, mais les tableaux évoqués par la pensée ne sont pas l'amour. De par sa nature même, la pensée isole. La notion de temps et d'espace, de séparation et de chagrin, découle de la pensée, et ce n'est que lorsque le cours de la pensée s'arrête que l'amour peut exister.
La pensée donne inévitablement naissance au sentiment de propriété qui, consciemment ou inconsciemment, cultive la jalousie. Là où il y a jalousie, il n'y a évidemment pas amour ; et pourtant la plupart des gens considèrent la jalousie comme une preuve d'amour. La jalousie est une conséquence de la pensée, elle est une réponse au contenu émotionnel de la pensée. Lorsque le sentiment de posséder ou d'être possédé cesse brusquement, il se produit un tel vide que l'envie prend la place de l'amour. Et c'est parce que la pensée joue le rôle de l'amour que tant de complications et de souffrances surgissent.
Si vous ne pensiez pas à telle ou tell personne, vous diriez que vous ne l'aimez pas. Mais est-ce de l'amour, quand vous "pensez" à cette personne? Si vous ne pensiez pas à un ami que vous croyez aimer, vous seriez horrifiés, n'est-ce pas? Si vous ne pensiez pas à un ami qui est mort, vous vous estimeriez déloyal, sans cœur, etc. Vous appelleriez cela de l'insensibilité, de l'indifférence, et ainsi vous vous mettriez à penser à cette personne, vous iriez prendre ses photographies, des images faites par la main ou par l'esprit ; mais lorsque vous vous laissez ainsi gagner par des choses de l'esprit, vous fermez votre cœur à l'amour. Lorsque vous êtes avec un ami, vous ne "pensez" pas à lui, ce n'est qu'en son absence que la pensée se met à recréer des scènes et des sensations mortes. C'est ce réveil du passé qui est appelé amour. Aussi, pour la plupart d'entre nous, l'amour est-il la mort, la négation de la vie ; nous vivons avec le passé, avec ce qui est mort, et par conséquent nous sommes morts, nous aussi, bien que nous appelions cela l'amour.
Penser, c'est toujours nier l'amour. C'est la pensée qui connaît les complications sentimentales, et non l'amour. La pensée est le plus grand obstacle à l'amour. La pensée distingue entre ce qui "est" et ce qui "devrait" être, et c'est sur cette distinction qu'est basée la morale ; mais ce qui est moral pas plus que ce qui est immoral ne connaît l'amour. Les règles de la morale, conçues par l'esprit pour la bonne marche des relations sociales, ne sont pas l'amour, mais un facteur de cohésion analogue au ciment : plus elles sont dures, plus l'édifice a de chances de tenir debout. La pensée ne conduit pas à l’amour, la pensée ne cultive pas l'amour, car l'amour ne peut pas être cultivé dans une plante dans un jardin. Le désir même de cultiver l'amour est une opération de la pensée.
Si vous êtes conscient, si peu que ce soit, vous verrez quelle part importante la pensée joue dans votre vie. La pensée a évidemment sa place, mais elle n'a aucun rapport avec l'amour. Ce qui a un rapport avec la pensée peut être compris par la pensée, mais ce qui n'a pas de rapport avec la pensée ne peut être appréhendé par l'esprit. Alors, qu'est-ce que l'amour? demanderez-vous. L'amour est un état d'être où il n'y a pas de place pour la pensée ; mais définir l'amour, c'est encore une opération de l'esprit, ce n'est donc pas l'amour.
Nous devons comprendre ce que c'est que la pensée, et nous ne devons pas essayer de saisir l'amour par la pensée. Refuser la pensée ne fait pas naître l'amour. La pensée n'est libre que lorsque sa signification profonde a été pleinement comprise ; et, pour cela, une profonde connaissance de soi est essentielle, et non pas de vaines et superficielles assertions. C'est la méditation et la vigilance de l'esprit qui révèlent la nature de la pensée et la façon dont elle agit, et non les répétitions ou les définitions. Si l'on n'a pas conscience de la nature de la pensée et si l'on n'éprouve pas la façon dont elle agit en nous, l'amour n'est pas possible.

J.Krishnamurti


Et c'est après avoir lu une aussi nette définition de ce qu'est l'amour que je me totalement ridicule et bête.
Ridicule d'abord, c'est pour avoir pu clamer haut et fort que je détenais la vérité sur ce sujet. Même s'il ne s'agit que d'un ressenti totalement extérieur puisque l'on est ridicule que lorsqu'il y a quelqu'un qui nous voit et que nous le voyons nous voir.
Bête ensuite, car, même si j'ai passé de longues nuits et de longs moments à réfléchir sur ce sujet, je ne pensais pas que la vérité était tout aussi proche de moi, "ancrée" en moi, ancrée en chacun de nous.

jeudi 17 novembre 2011

J'ai cassé un verre.

Aujourd'hui j'ai encore cassé un verre. Noyé, à mon habitude dans mes pensées alors que je lavais la vaisselle, ce joli verre m'a glissé des mains et s'est fendu en deux lors de son atterrissage. Tout ceci n'est pas anodin. J'estime ce bris à une journée particulièrement active sur le plan cérébral mais en revanche passive au possible sur le plan psychologique. Et s'il ne s'agissait que de cette journée. Cela fait bientôt 3 mois que l'équation s'est retournée. Auparavant, mon psychologique, cette méditation constante qui m'entourait parasitait mon travail que je n'estimais pas, de par une très mince envie de réussir dans la vie comme tout le monde l'entend. Ma formation était davantage précisée sur le fait de grandir en esprit et non en culture, de découvrir des choses qui ne s'apprennent pas, de toujours plus se révolter contre les grandes et petites injustices de la vie, qui nous perturbent dans notre réflexion; en réalité, je voulais toujours plus Exister que m'instruire (dans le sens conventionnellement accepté du terme). Et depuis ces deux mois, non. L'équation donc, s'était inversée. Et le temps passait, à mon goût, beaucoup plus vite qu'autrefois, lorsque j'habitais dans cette ville moisiepourrienulledégoûtante... que je regrette énormément parfois. La grande ville est une expérience à vivre. Une expérience qui deviendra ou qui est déjà le quotidien et qui est issue du Système tout en tapant sur le nôtre. Ces coups de marteaux deviennent indolores au fur et à mesure, puisqu'on les oublie. Mais à partir d'un moment, plus question, tout s'arrête et l'on remet en cause chacun de ces faits et gestes stupides et facilement calculables que l'on s'abruti à réaliser, qui forment nos muscles dans un seul sens et que dont nous pouvons aisément nous rendre compte, lorsque l'on devine soudain que sous nos chaussons il n'y a pas de poussière, que le sel est toujours à la même place et que même les yeux fermés, les oreilles bouchées et le nez plein, nous pourrions continuer à "vivre" ces journées qui se copient-collent chaque jour. Le temps nous manque et chaque minute compte dans cette sphère aux ultimatums constants. Je souhaite renouer avec le passé, pour mieux prévoir mon futur et cesser de rester sous l'emprise de cette cécité qui me ronge.

mardi 23 août 2011

De Profundis Clamavi*

C'est totalement incroyable.
J'ai beau m'efforcer de calculer et de réfléchir à toutes les issues des évènements qui m'arrivent, le résultat n'en n'est que plus fumeux; je me perds. Les journées nuageuses vont se succéder pour mon plus grand malheur je le crains. Ce monde n'est purement pas pour moi. Le ridicule des problèmes que les gens se plaisent à résoudre m'exaspère, je crains d'éclater par la fureur qui boue en moi, à constater quotidiennement des raisonnements abjectes qui ne mènent nul part. Ma tolérance s'effondre en même temps que mon moral, quand je vois comment le monde tourne et comment les gens, décentrés et totalement stupides, se tuent à ne chercher à rien comprendre, parlant et raisonnant comme des moutons nourris à la télévision et aux conneries audiovisuelles. J'ai tellement à dire et à découvrir, et personne pour m'alerter qu'en réalité je suis comme tout le monde. Pourtant, il n'y a personne. Les gens continuent de jacasser sur la météo, de répandre une pseudo-science abracadabrante qui m'ennuie pendant que mes plus chers idéaux fondent. La liberté, comme disait Nietzsche, c'est ne plus avoir peur des autres. Les codes sociaux sont tellement présents tout autour de nous qu'il devient difficile de passer au travers de ces barrières. Je veux de l'air, urgemment, une oreille attentive doublée d'une bouche d'un très grand esprit et de l'amour.