jeudi 17 novembre 2011
J'ai cassé un verre.
Aujourd'hui j'ai encore cassé un verre. Noyé, à mon habitude dans mes pensées alors que je lavais la vaisselle, ce joli verre m'a glissé des mains et s'est fendu en deux lors de son atterrissage. Tout ceci n'est pas anodin. J'estime ce bris à une journée particulièrement active sur le plan cérébral mais en revanche passive au possible sur le plan psychologique. Et s'il ne s'agissait que de cette journée. Cela fait bientôt 3 mois que l'équation s'est retournée. Auparavant, mon psychologique, cette méditation constante qui m'entourait parasitait mon travail que je n'estimais pas, de par une très mince envie de réussir dans la vie comme tout le monde l'entend. Ma formation était davantage précisée sur le fait de grandir en esprit et non en culture, de découvrir des choses qui ne s'apprennent pas, de toujours plus se révolter contre les grandes et petites injustices de la vie, qui nous perturbent dans notre réflexion; en réalité, je voulais toujours plus Exister que m'instruire (dans le sens conventionnellement accepté du terme). Et depuis ces deux mois, non. L'équation donc, s'était inversée. Et le temps passait, à mon goût, beaucoup plus vite qu'autrefois, lorsque j'habitais dans cette ville moisiepourrienulledégoûtante... que je regrette énormément parfois. La grande ville est une expérience à vivre. Une expérience qui deviendra ou qui est déjà le quotidien et qui est issue du Système tout en tapant sur le nôtre. Ces coups de marteaux deviennent indolores au fur et à mesure, puisqu'on les oublie. Mais à partir d'un moment, plus question, tout s'arrête et l'on remet en cause chacun de ces faits et gestes stupides et facilement calculables que l'on s'abruti à réaliser, qui forment nos muscles dans un seul sens et que dont nous pouvons aisément nous rendre compte, lorsque l'on devine soudain que sous nos chaussons il n'y a pas de poussière, que le sel est toujours à la même place et que même les yeux fermés, les oreilles bouchées et le nez plein, nous pourrions continuer à "vivre" ces journées qui se copient-collent chaque jour. Le temps nous manque et chaque minute compte dans cette sphère aux ultimatums constants. Je souhaite renouer avec le passé, pour mieux prévoir mon futur et cesser de rester sous l'emprise de cette cécité qui me ronge.
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